La cringe culture : cette tendance dont les ados raffolent

Il était une fois deux jeunes lyonnais, passés maîtres de l’humour cringe, ou l’art de rire de situations embarrassantes ou carrément mortifiantes. Les vidéos de Marrant Club (nos deux jeunes lyonnais, donc) sont même qualifiées d’hypercringe, tellement ils vont loin dans la mise en scène de ce sentiment (to cringe), qui mêle à la fois la gêne, la honte, et l’envie irrépressible (toute aussi gênante) de rire nerveusement.

Un humour qui cartonne sur les réseaux sociaux, et dont les jeunes sont fans. Précisons que pour cet « humour du malaise », il ne s’agit pas de se moquer, mais plutôt de défier les conventions, les normes, et de célébrer une certaine forme de liberté, un peu comme si à travers la culture cringe, on acceptait son côté foireux, ses maladresses, son imperfection.

Comme un contre-pied, ou encore un exutoire à l’étalement de la perfection sur les réseaux sociaux…

En se mettant en scène dans des situations gênantes (danser seul – et mal – dans sa chambre, chanter faux, percer ses boutons d’acné…), les jeunes assument leur vulnérabilité, leurs complexes et en font des émotions positives.

C’est, in fine, être plus indulgent avec soi-même, dans une société où les jeunes ont souvent le sentiment d’être écrasés par le poids de la conformité sociale et de l’image.

Comme le dit joliment Célia Célia Schneebeli, maîtresse de conférences en linguistique à l’université Bourgogne-Europe et spécialiste du cringe, « le cringe, c’est la poésie du ratage ».

Découvrir Marrant Club : www.youtube.com/@marrant_club

Sources : Version Fémina ; Yahoo!Life