Le phénomène Brainrot à l’assaut des enfants

Alors que nous échangions avec les 7-14 ans sur les tendances qui leur plaisaient bien en ce moment, le mot « brainrot » est régulièrement ressorti.

Littéralement, brainrot signifie « pourriture du cerveau ». Rien de gore là-dedans : il s’agit d’une image pour exprimer la sensation d’avoir le cerveau ramolli à force d’avoir trop regardé de contenus « débiles » sur les réseaux sociaux.

Par extension, brainrot désigne les contenus eux-mêmes : très courts, répétitifs, absurdes pour ne pas dire chaotiques ! En général, ça clignote dans tous les sens, c’est bruyant et ça n’a aucun sens, c’est souvent moche (ce qui confère finalement aux brainrots une esthétique visuelle propre)… et c’est hypnotique. D’où une tendance à les faire défiler sans s’arrêter, parfois pendant des heures. #addictif

Ces contenus existent depuis longtemps, mais avec l’intelligence artificielle, le phénomène s’emballe. Plus besoin d’être graphiste, monteur, encore moins scénariste : n’importe qui peut créer des brainrots.

D’abord critique de la consommation numérique, le brainrot est clairement aujourd’hui devenu un phénomène culturel.

Certains détournent des concepts connus, comme Skibidi Tentafruit, fausse télé-réalité à la sauce ptits fruits Oasis. Le brainrot en tête des citations des enfants… Sous son apparence amusante, Skibidi Tentafruit est accusé de sexisme, sans parler de sa vulgarité. Des contenus qui ne sont clairement pas destinés aux enfants.

La vigilance s’impose tellement le phénomène brainrot explose : le plus emblématique, Tung Tung Tung Sahur (un bâton anthropomorphe tenant lui-même un bâton), a déjà été décliné en figurine, et devrait même être adapté… sur grand écran.

Vigilance aussi car ce type de contenu est le plus souvent conçu pour être addictif : la plupart des créateurs cherchent d’abord à optimiser leurs vidéos pour les algorithmes des plateformes, où le temps de visionnage et le potentiel de partage comptent davantage que la profondeur du contenu.